Les auteurs

Philippe Van de Perre

Après son départ forcé du Rwanda, Philippe Van de Perre est devenu Directeur du Centre Muraz, à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso – un Centre de recherches biomédicales couvrant les pays francophones d’Afrique de l’Ouest — où il a continué ses recherches sur la transmission du VIH durant l’allaitement et sur les moyens de prévenir cette transmission. Il contribue par exemple aux premiers essais de prévention de la transmission mère-enfant du VIH à l’aide d’antirétroviraux qui serviront de base à la mise en œuvre de la stratégie de prévention appliquée universellement.

En 2001, il est nommé Professeur à la Faculté de Médecine de l’Université de Montpellier et chef du département de bactériologie et de virologie de l’hôpital universitaire de Montpellier. Il est également Directeur de l’unité de recherche de l’INSERM UMR 1058 sur « la pathogenèse et le contrôle des infections chroniques ». Cette unité de recherche, composée d’une soixantaine de personnes mène une recherche fondamentale, translationnelle et clinique sur les infections virales chroniques, ancrée dans un partenariat international très intense (Afrique et Asie du Sud Est). Elle est maintenant reconnue internationalement pour avoir identifié de manière fine les mécanismes complexes de transmission virale par le lait maternel. L’Unité a décrit de nouveaux mécanismes de protection conférée par le lait maternel contre les maladies du nourrisson et de l’enfant. Par exemple, un essai clinique, conduit dans quatre pays africains, a démontré que l’administration d’antirétroviraux directement au nourrisson exposé au VIH permet de contrôler presque totalement la transmission du VIH par l’allaitement. Ces travaux font autorité et Philippe est reconnu au niveau mondial comme un expert en matière de transmission virale et d’allaitement maternel.

Philippe est très actif au sein de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) dirigée par François Dabis, où il coordonne les actions de recherche au Burkina Faso. Il est expert de nombreux comités scientifiques internationaux. Il a été invité comme orateur dans plus de trente-quatre conférences internationales sur le sida, l’allaitement maternel et les infections chroniques.

Il est l’auteur ou le coauteur de plus de quatre cent quatre-vingts articles scientifiques, la majorité sur le VIH et les infections virales chroniques et de quatre cent soixante présentations originales à des congrès internationaux.

Étienne Karita

En mai 1993, Étienne quitta le Rwanda pour effectuer un stage de formation en virologie à l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers sous la supervision de Guido Van der Groen. Ce stage s’inscrivait dans un programme de préparation des essais vaccinaux contre le VIH au Rwanda. À la fin du stage, en octobre 1993, il décida de ne pas rentrer au Rwanda à cause de la situation politique qui y régnait. Étienne obtint une bourse d’étude du Ministère de la Coopération luxembourgeoise et il put s’inscrire dans un programme de spécialisation à l’Institut de Biologie moléculaire de l’Université Libre de Bruxelles. Cette bourse lui a permis d’échapper, à coup sûr, au génocide des Tutsi. À la fin de sa formation, en octobre 1995, il rentra au pays où – ironie du sort — il fut nommé directeur du PNLS. Il remit sur les rails le Laboratoire de Référence VIH, qui fusionna plus tard avec le PNLS pour devenir le Treatment & Research AIDS Center, noyau du futur Rwanda Biomedical Center, bras droit du ministère de la Santé pour la conception et la mise en œuvre des programmes de prévention et de prise en charge des maladies au Rwanda.

En 1996, Étienne Karita et Susan Allen ont repris les activités du Projet San Francisco sur le conseil et le dépistage volontaire du VIH pour les couples à Kigali. Grâce à la collaboration entre le Projet San Francisco et le Ministère de la Santé, ces activités programmatiques sont aujourd’hui entièrement intégrées aux centres de santé et hôpitaux du Rwanda.

Etienne Karita a été le promoteur du programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) au Rwanda. En 1997, il en initia le programme pilote au centre de santé de Kicukiro dans la ville de Kigali et, en 2002, il a rejoint la Fondation Élisabeth Glaser Pediatric AIDS pour appuyer les activités de la PTME dans plusieurs pays sur le continent africain. Depuis 2003, il dirige le Projet San Francisco avec Susan Allen. En 2005, ils initièrent le tout premier essai clinique d’un vaccin anti-VIH au Rwanda, avec l’appui d’IAVI (International AIDS Vaccine Initiative). Depuis ce premier essai, six autres essais cliniques sur les vaccins anti-VIH ont été conduits par Projet San Francisco. Actuellement, le Projet San Francisco continue ses recherches sur les déterminants de la transmission sexuelle du VIH. Il a développé un vaste programme de prévention et de prise en charge du VIH parmi les populations à haut risque, notamment les travailleuses du sexe et les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes.

Étienne a publié cent trente-deux articles dans les revues scientifiques et participé à de nombreuses conférences sur le sida.

Michel Caraël

Dès sa création en 1987, il rejoint à Genève le nouveau Programme mondial de lutte contre le sida (GPA) de l’Organisation mondiale de la Santé. En tant que sociologue, il a notamment convaincu le GPA d’assurer le suivi des connaissances, des attitudes à l’égard du sida et des comportements sexuels à risque par des enquêtes régulières de population, en tant qu’outil d’évaluation des programmes de prévention contre le VIH. Ses recherches ont principalement porté sur les relations entre le virus, les comportements sexuels et l’organisation sociale de la reproduction et du mariage. Il a mis au point des indicateurs et des outils de prévention du VIH qui sont ensuite devenus la norme internationale pour suivre l’évolution des comportements à risque liés au VIH. Dans le même temps, Caraël a été chargé de cours à la Faculté des Sciences sociales de l’Université libre de Bruxelles pendant quatorze ans. Il y assurait un enseignement sur les déterminants sociaux de la santé dans les pays à faible revenu.

En 1995, dans le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida) nouvellement créé par Peter Piot, il devient chef d’équipe de la prévention du VIH, puis chef de l’évaluation. En 1999, avec Anne Buvé de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, il a coordonné une étude majeure dans quatre villes africaines pour mieux comprendre les différences de propagation du VIH. L’étude a conclu que les différences entre les villes à forte prévalence du VIH et les sites à faible taux ne pouvaient s’expliquer uniquement par les différences de comportement sexuel : les cofacteurs de la transmission du VIH comme les coïnfections virales et bactériennes, notamment le virus de l’herpès simplex de type 2, et l’absence de circoncision masculine contribuent fortement aux différences de taux de prévalence entre les quatre villes.

Caraël a présenté des exposés oraux et écrits dans soixante-dix-huit conférences internationales sur le VIH. Il est membre de l’Union internationale pour l’étude scientifique de la population depuis 1982, où il a joué un rôle majeur pour l’intégration du VIH dans les études de population. Il a également été membre de plusieurs comités scientifiques sur le VIH, comme l’ANRS en France et la Fondation Roi Baudouin à Bruxelles. Michel Caraël a publié plus de cent vingt articles scientifiques, la majorité sur le VIH et le sida, cinquante-six chapitres de livres et de nombreux guides sur l’évaluation des programmes de lutte contre le sida, la plupart en collaboration.

Philippe Lepage

Après dix années passées au Rwanda, Philippe Lepage est revenu en 1992 avec sa famille en Belgique où il a poursuivi une thèse d’agrégation à l’Université Libre de Bruxelles sur le VIH chez l’enfant, en même temps que ses activités de chef du service de pédiatrie de l’hôpital Ambroise Paré à Mons puis de l’Hôpital universitaire de la Citadelle, à Liège. Nommé Professeur de pédiatrie à l’Université libre de Bruxelles, il rejoint finalement l’Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola à Bruxelles, comme chef du service de pédiatrie. Il est retourné souvent au Rwanda après le génocide des Tutsi, notamment pour enseigner régulièrement à l’Université de Butare.

Philippe a publié plus de soixante articles, dont quarante-trois sur le VIH et le sida pédiatrique. Il a participé à de très nombreuses conférences internationales sur le sida. Il est un membre très actif du groupe de travail international de Gand sur la transmission du VIH de la mère à l’enfant.