Trois leçons de la pandémie du VIH pour le Covid-19

Extraits et traduction de l’article de  “James Hargreaves, Calum Davey, the Group for lessons from pandemic HIV prevention for the COVID-19 response”, Lancet HIV 2020, Published Online April 13, 2020 https://doi.org/10.1016/S2352-3018(20)30110-7

Premièrement, il est nécessaire d’anticiper les inégalités de santé. La transmission pandémique du VIH s’est accélérée parmi les réseaux mobiles et bien connectés, mais le fardeau s’est déplacé vers les personnes et les pays les plus pauvres, les jeunes femmes et les groupes marginalisés.

Le fardeau mondial du COVID-19 tombera probablement plus durement chez les personnes âgées et les groupes vulnérables dans les pays à revenu modéré ou faible.

 Nous devons suivre le statut socio-économique et le sexe des personnes touchées et étendre cet effort pour suivre les impacts économiques. Les États membres de l’ONU se sont engagés à ce que «personne ne soit laissé pour compte». La réponse mondiale à COVID-19 doit respecter cet engagement. Les conditions sociales empêchent les personnes vulnérables de changer de comportement. L’encouragement à «s’abstenir, être fidèles et utiliser des préservatifs» ne pouvait pas empêcher le VIH là où les inégalités entre les sexes et la stigmatisation étaient la norme. De même, suivre les instructions pour se laver les mains et assurer une distance physique sera plus difficile pour ceux qui vivent dans la pauvreté. Les initiatives de santé publique doivent surmonter les obstacles pour atteindre les pauvres, même s’ils semblent être moins touchés par le virus à l’heure actuelle. Les nouvelles avancées profitent souvent le plus rapidement aux mieux nantis, augmentant les inégalités. Les pays riches pourraient chercher à prioriser les doses de vaccin pour leurs propres gens. Des millions de personnes moins aisées sont décédées en raison d’un accès inéquitable aux antirétroviraux vitaux, et la même tendance pourrait se produire avec COVID-19. La politique mondiale doit donner la priorité à l’accès aux innovations pour les personnes qui en ont le plus besoin. COVID-19 n’affectera pas tout le monde de la même manière. Nos efforts devraient reconnaître cette inégalité et non l’augmenter.

Deuxièmement, créer un environnement propice pour soutenir le changement de comportement. Une direction politique rapide et décisive est cruciale. Les fermetures d’écoles et les mesures de quarantaine sont de puissants outils. Mais la leçon du VIH est que soutenir des comportements plus sûrs signifie s’attaquer aux structures qui limitent ou permettent les choix des gens. Tout comme la violence basée sur le genre entrave les choix de comportements sexuels plus sûrs pour les femmes, la rareté de l’eau potable limitera le lavage des mains. À court terme, des réponses pragmatiques telles que la distribution rapide de masse de savon, de désinfectant et d’équipement de protection individuelle contre le SRAS-CoV-2 seront nécessaires… Une implication significative des communautés peut façonner les normes sociales. Le renforcement du capital social, de la confiance et de la cohésion communautaire catalyse l’impact des messages sur la santé et peut être favorisé en soutenant le leadership local. La conception de la réponse COVID-19 devra inclure les personnes âgées, celles qui ont des comorbidités et celles qui vivent déjà en marge.

Les conséquences sociales involontaires doivent être évitées. Les lois qui contribuent à blâmer la société conduisent à des préjugés, ce qui entrave les efforts de lutte contre le VIH. Si les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 deviennent stigmatisées, elles pourraient être moins susceptibles de se mettre en quarantaine. De même, le bouleversement économique mondial en cours aura des effets retentissants sur les pays pauvres qui pourraient exacerber les conditions de propagation du SRAS-CoV-2, conduisant par exemple à un bouleversement social. Nous devons être attentifs à ces dynamiques dès le départ.

Troisièmement, un effort multidisciplinaire est essentiel. Les modèles épidémiologiques peuvent prédire la dynamique de l’épidémie de SRAS-CoV-2. Mais un effort multidisciplinaire est essentiel pour concevoir, caractériser et évaluer les interventions qui peuvent façonner les comportements…

Lire la suite dans Le Lancet.

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