Lettre de lecteur

J’ai lu avec grand intérêt cette chronique du projet « sida Kigali » qui est aussi le récit d’une bataille scientifique et politique méconnue. Les auteurs nous proposent un récit vivant, chaleureux et prenant. À la lecture de ce livre, paru en février, juste avant que la pandémie du coronavirus ne se déclare chez nous,  j’ai beaucoup mieux compris les événements que nous avons traversés.
C’est sans doute parce que la principale référence utilisée depuis plusieurs mois dans les médias a été le SRAS que l’on s’est trouvé face à l’inconnu et que l’on s’est tant de fois fourvoyé.

En se rappelant le sida on se donne une toute autre perspective. Quelques exemples. Les luttes des nationalismes quant à l’origine du virus (États-Unis homos, impérialistes / Afrique hétéros, colonisés, pour le sida et virus chinois ou américain pour la Covid). Lutte des nationalismes et des egos aussi quant au remède miracle (ciclosporine pour le sida / hydroxychloroquine pour la covid), les controverses sur la nature de la maladie (épidémie mineure pour le sida et simple grippe pour la covid), sans parler de la capote interdite par la religion et les masques décrétés inutiles (car indisponibles). Les controverses scientifiques et politiques rappellent souvent les mêmes schémas de pensée de part et d’autre.

Ce livre annonce en conclusion les épidémies à venir. Si l’on avait gardé la mémoire du sida on aurait peut-être anticipé certains comportements par rapport au covid, gagné du temps et épargné quelques souffrances.

Matéo Alaluf, Bruxelles le 14 Juillet 2020

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